TOKYO

de Dietmar BREHM
2013 / n&b / sonore / 1E / 10' 00

Vingt secondes de douces percussions métalliques, en forme de prélude et de rituel, forment le leitmotiv du film. Le son s’arrête, puis revient, hypnotique, encore et encore. Dans les intervalles : silence. Quant au regard de Brehm, il façonne également le film comme une vue aux rayons X : c’est l’image négative d’un visage androgyne, se mouvant au ralenti, qui ouvre visuellement le film - orbites blanches, noires pupilles. Une performance a lieu, c’est un acte athlétique, muet mais dynamique, vivant : un corps qui traverse l’image, et l’intensité du cours des événements est encore accentué par la décélération. ‘Tokyo’ est un voyage dans l’empire du noir et du blanc - et des cinq cents nuances de gris. Les yeux d’une femme asiatique irradient l’un contre l’autre une blancheur aveuglante. D’autres visages font surface, d’autres corps, leurs peaux sont noires et leurs ombres sont blanches. Dans un calme inquiétant, un monde s’ouvre de l’autre côté du miroir. ‘Tokyo’ est un film du corps et du visage, mais aussi d’une complète immatérialité : les masques vivants se lancent des regards, leurs yeux fantomatiques dénués presque de toute émotion. Imperceptiblement, l’image numérique surgit, apportant avec elle à la surface du film une inexplicable pulsation intérieure : tout se met à vibrer, à battre, à se brouiller, comme par l’effet collatéral du simple fait d’être filmé et de l’agrandissement des détails. Les corps interactifs, qui se reflètent les uns les autres, s’abandonnent à une caméra langoureuse. Des bouffées de fumée noire s’échappent de la bouche d’un homme, des mouvements s’esquissent, s’efforcent vers quelque chose ; gestes dont le sens ni le but ne sont toujours très clairs. La menace (et l’effectivité) de la violence évoque les larmes silencieuses. Impénétrable, le regard des masques se prolonge. L’extase n’y change rien. La beauté repose sur l’uniformité. La transe naît où elle peut.

(Stefan Grissemann)


Des visages et des parties de corps apparaissent en négatif, en gros plan, ralentis, de sorte qu’ils se changent en surfaces lentement mouvantes, composées de nuances de gris. L’expression des visages s’intensifie dans la durée, les contours se fondent peu à peu avec leur environnement indistinct, et le rythme, précis, est souligné sans cesse par un écho.

Deux plans consécutifs, comme faisant signe vers la fragilité du drame, nous montrent des yeux. Ceux de l’homme ne clignent pas, n’interrogent pas, ne scrutent pas. Quant aux yeux de la femme, eux aussi nous regardent fixement, sans ciller ; mais quelques secondes passent, et voilà qu’ils se ferment.

(Juhkava International Documentary Film Festival)

1 COPIE EN DISTRIBUTION


format de distribution Fichier sur serveur
cadre de projection 16/9 (simple écran)
vitesse de projection 25 ips
son son
prix de location 30,00 €