A MASQUE OF MADNESS

de Norbert PFAFFENBICHLER
2013 / n&b / sonore / 1E / 80' 00

Pour le théoricien du cinéma Noël Burch, l’histoire du film commence avec un « rêve de Frankenstein », c’est-à-dire un rêve de contrôle : le médium du film décompose la vie animée en fragments morts, pour les rassembler ensuite et les réanimer par son propre pouvoir. Norbert Pfaffenbichler a façonné son propre monstre d’images d’archives à partir de toutes les apparitions filmées accessibles de l’acteur Boris Karloff, devenu célèbre en 1931 sous les traits du monstre de Frankenstein. Comme c’était déjà le cas dans son précédent travail collaboratif, ‘A Messenger from the Shadows’ (avec Lon Chaney), le re-montage par Pfaffenbichler d’une existence cinématographique traduit aussi bien l’intérêt analytique que le plaisir spontané de l’association. ‘A Masque of Madness’ retrace cinq décennies à l’écran de Karloff - comme second rôle dans des films muets, premier rôle dans des films parlants, et vedette de la télévision. Le film rassemble, succès oblige, les rituels immuables du film d’horreur et les postures de peur fantastique. Mais il en montre aussi les côtés que l’histoire a laissé derrière elle - en particulier les deux guerres mondiales, et les avancées technologiques.

D’étape en étape, Karloff doit faire avec le rêve de Frankenstein d’une vie synthétique - comme créateur prométhéen et créature enfermée dans une seule et même personne. Ainsi, Pfaffenbichler fait état non seulement de la carrière d’un acteur hors du commun, qui n’a jamais pu échapper à sa création la plus iconique, mais aussi de ses propres recherches sur la syntaxe filmique : l’alchimie de cette édition de continuité engendre une galerie de miroirs où les Karloff se poursuivent les uns les autres, ce qui est aussi impossible logiquement que visuellement plausible. Après un film sur la star du muet Chaney, ici le jeu avec les sons originaux fait également partie du plaisir formel. Les coupes rythmiques permettent à des machines filmiques différentes de faire musique l’une avec l’autre, et le monstre de Frankenstein danse sur l’accompagnement instrumental d’une émission de Karloff. « Ils ne pourront pas apprendre, seulement observer », se plaint le savant fou à la suite d’une nouvelle expérience horrifique. Aussi Pfaffenbichler, dans ses Notes sur le cinéma, abandonne volontairement la distinction entre observer et apprendre.
(Joachim Schätz)

1 COPIE EN DISTRIBUTION


format de distribution Fichier sur serveur (PAL)
cadre de projection 4/3 (simple écran)
vitesse de projection 25 ips
son son
prix de location 200,00 €