© Johann Lurf


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CAPITAL CUBA

de Johann LURF
2015 / 35mm / couleur / silencieux / 1E / 12' 00

À Cuba, la mer est omniprésente, et l’art cubain a toujours cherché à rendre compte de cette inexorable présence. Au fil de l'histoire, des visions alternativement fantastiques, historiques ou naturalistes, ont constitué une abondante réserve d’images, qui s’inspirent souvent de la relation entre la mer, la ville, et ses habitants. En prenant pour plateforme une série d’emplacements autour de la baie de La Havane, le film ‘Capital Cuba’ (12 min, 2015), présenté par l’artiste autrichien Johann Lurf à la 12e biennale de La Havane (« Entre l’idée et l’expérience »), explore cette relation dans la veine innovante du cinéma expérimental. L’artiste joue avec les propriétés du cinéma, dépassant le socle structural de son discours pour le faire agir à la fois sur le processus du création et sur la perception des images qui en résultent.
Feignant la liberté d’un travail sans plan prédéfini, Lurf se glisse dans les oripeaux de la chronique de voyage. Mais depuis le ferry qui relie la vieille ville de La Havane à Casa Blanca, la caméra délaisse les vues panoramiques traditionnelles au profit de visions rapides, d’aperçus fugitifs, qui cherchent à rendre compte d’un ensemble complexe. Ainsi, plan après plan, les activités industrielles qui entourent la baie nous apparaissent dans leur réalité contrastée et en pleine mutation. Le scénario de ces transformations est mis en scène à travers une série de tableaux contradictoires : les travaux en cours, la dégradation progressive, les infrastructures portuaires à l’abandon, les plans de rétablissement de la frontière maritime… Capital Cuba nous livre ces circonstances en détails : c’est le mystère du mouvement perpétuel des vagues, et le reflet de la ville dans la mer ; c’est l’opposition entre CAPITAL et MACHINE ; ce sont des noms qui désignent à la fois un bateau et les ruines de l’ancienne digue du port douanier ; c’est l’espace entre deux bandes de terre, et le bruit de moteur qui les relie… Et si l’architecture de ces images peut se lire de plus d’une façon, la structure et l’organisation formelle du film sont en tout cas au cœur du travail de l’artiste.
Le mouvement de la caméra et la densité du montage confèrent aux images un élan particulier, un rythme, une « mélodie interne » dont les points de coupe seraient les mesures. La subtile variation au sein des répétitions, tout en soulignant la structure de l’œuvre, requiert du spectateur une attention redoublée. L’espace, dans Capital Cuba, ne se donne plus seulement à voir, mais à sentir. L’expérience spatiale est redoublée d’une expérience physique, à travers un geste qui constitue la projection en événement - un événement dont la salle obscure serait le lieu. Ainsi l’œuvre n’est-elle plus limitée par l’écran, mais s’en affranchit pour solliciter directement dans nos esprits un acte continu de lecture et d’interprétation. Elle interroge et elle déstabilise : nous-mêmes aussi bien que nos tentatives de l’interpréter.

Yalicel Gabeira (traduction anglaise : Teresa Kuhn)

3 COPIES EN DISTRIBUTION


format de distribution 35mm
cadre de projection 1,75 (1,77 ; 16/9) (simple écran)
vitesse de projection 24 ips
son son optique
prix de location 48,00 €

format de distribution DCP sur serveur (SMPTE 2K)
cadre de projection 16/9 (simple écran)
vitesse de projection 25 ips
son silencieux
prix de location 48,00 €

format de distribution DCP sur serveur (SMPTE 2K)
dimensions 3D
cadre de projection 16/9 (simple écran)
vitesse de projection 25 ips
son son
prix de location 48,00 €