VENICE PIER

de Gary BEYDLER
1976 / 16mm / couleur / sonore / 1E / 16' 00

« Je voulais faire un film qui s’étende sur une année entière. J’aime la mer, et j’ai donc décidé de tourner sur la jetée de Venise, qui mesure à peu près 400 mètres de long. Tous les 3 mètres environ, il y a des divisions que j’ai décidé d’utiliser comme points de prise de vue. J’ai dessiné la jeté sur du papier vélin en faisant apparaître ces divisions.

J’ai commencé à tourner en novembre ou décembre, puis tout au long de l’année, pour finir à la date où j’avais commencé. J’ai filmé au cours des différentes saisons, à différentes heures du jour, en remplissant les blancs au fur et à mesure sur mon dessin de la jetée. Les images sont tournées sans ordre : en regardant le film, on se déplace lentement au hasard des heures, des saisons, des situations. Quelquefois on ressent du mouvement, quelquefois non. Je n’ai pas eu besoin de mise en scène, me contenant de filmer les choses telles qu’elles arrivaient.

Une fois terminé, j’ai montré le film pendant un mois à la galerie Gagosian. Nous avons construit un mur avec une cloison en verre, à travers laquelle on pouvait voir le film. Parfois une personne rentrait, parfois quarante, parfois aucune. Le film a été projeté en continu pendant toute l’exposition. Le dessin de la jetée était accroché verticalement dans la galerie, avec quelques-uns de mes morceaux de miroir qui étaient populaires à l’époque.

C’était mon dernier film. Il me plaisait beaucoup, j’en étais très content, mais il n’a pas été très bien reçu. Tout le monde a semblé vouloir l’ignorer. Alors je me suis dit : ‘Tant pis, je vais passer à autre chose’. » (Gary Beyeler, 2008)

« Le dernier — et sans doute le moins vu — des films de Gary Beydler, consiste en un parcours enivrant le long de la jetée de Venise, tourné au cours d’une année entière. A bien des égards il s’agit d’une promenade cinématographique : Gary explore la façon dont un même support filmique répond diversement aux saisons, aux lumières, aux climats et aux heures différentes. Les images, tournées sans ordre spatial, sont ensuite montées de manière à recomposer une progression linéaire et constante, de sorte qu’on avance à travers un véritable désordre chronologique, certains cuts pouvant représenter un bond de plusieurs mois en avant ou en arrière. Il en découle un impressionnisme diaphane, envahi d’une vive et saisissante clarté. » (Mark Toscano)

1 COPIE EN DISTRIBUTION


format de distribution 16mm
cadre de projection 1,37 - Standard (simple écran)
vitesse de projection 24 ips
son son optique
prix de location 62,00 €