© Christiana Perschon


© Christiana Perschon

GHOST COPY

de Christiana PERSCHON
2016 / 16mm / coul-n&b / sonore / 1E / 1' 50




Une poignée de plans - juste assez longs pour que les formes en mouvement puissent être perçues comme formes, gestes, artefacts. Dans les intervalles, le noir. Reprenant le principe de composition de la 'Vienna Walk' de Günter Brus telle que documentée sur film 8mm, 'Ghost Copy' associe des images amateures tournées sur pellicule avec des fragments de son numérique. Il en résulte un espace dans lequel le zeit-geist (fantôme du temps) et les images humaines font des apparitions fantomatiques.

Critiques :
Une nuée d'oiseaux; un avion; un soldat qui tourne la tête; un enfant qui court vers la caméra : ces quatre scènes, comme toutes celles qui suivent au cours des deux minutes et demi du film, ne durent chacune qu'une fraction de seconde. Une poignée de plans - juste assez longs pour que les formes en mouvement puissent être perçues comme formes, gestes, objets. Dans les intervalles, du noir. 'Ghost Copy' doit sa forme à un double travail sur l'archive : Les images en mouvement proviennent de films amateurs autrichiens tournés entre 1935 et 1965. Le staccato de clips et d'écrans noirs est réalisé selon le principe de composition du film 8mm qui documente la performance de Günter Brus de 1965, 'Vienna Walk'. Dans le centre de Vienne, Brus avait voulu mettre en évidence la violence des politiques frontalières sur nos vies en s'exhibant lui-même, le corps peint en blanc et divisé en deux comme par du fil de fer barbelé. Les images amateures récupérées par Christiana Perschon ne cherchent pas à se surajouter à cette action en produisant un discours didactique sur le parcours de cette figure d'autorité, entre l'époque de l'austro-fascisme et le miracle économique autrichien ; elles montrent plutôt des vies sans renommée, macrohistoriques et insignifiantes. Elles se désignent trop peu comme éléments d'un récit historique, et trop comme éludées par leur valeur abstraite ou anecdotique. Costume ou uniforme ? Camaraderie ou ralliement ? Fil dénudé ou danse funambule ?
Façon de percevoir qui dégage de précieuses nuances; d'autant plus que le montage s'attache d'abord à équilibrer les intensités de mouvements, plutôt qu'à produire des rythmes réthoriquement clairs. Comme la copie fantôme d'un film, l'histoire ne s'éclaire pas pour autant. Elle erre ; sans, toutefois, disparaître.
La bande son est traversée de bruits : captations au téléphone portable de l'exode contemporain d'une nouvelle 'génération de la guerre' ? visages mordus par le vent, terre qui crisse sous les pas, reprises de souffle ?
(Joachim Schätz, film-scientist Ludwig Boltzmann Institute for History and Society)

Des fragments qui flottent, clignotent, une flambée de traces - venues des fondements de l'histoire du cinéma expérimental, du désir insouciant de néophytes, d'amateurs et de dilettantes. Les Secrets de la mémoire - commentaire fractal qui se mêle aux algorithmes troubles et troublants de la fragmentation funéraire. Ils enterrent et dissèquent la forme, ignoblement - au-delà de la reconnaissance. "Détruire, dit-elle" (Marguerite Duras). Révéler par l'erreur, l'effacement. Une allégorie de la mort argentique. (Sabine Folie, commissaire)

1 COPIE EN DISTRIBUTION


format de distribution Fichier sur serveur (HD)
cadre de projection 4/3 (simple écran)
vitesse de projection 25 ips
son son
prix de location 15,00 €