HAPPY-END

de Peter TSCHERKASSKY
1996 / couleur / sonore / 1E / 12' 00

«HAPPY-END est constitué de found footage: l'auteur a retravaillé des films de famille (home movies) des années 1960 et 1970. Dans les extraits sélectionnés parmi plusieurs heures de pellicule mettant en scène la vie privée de «Rudolf» et d'«Elfriede», on les voit en train de faire la fête avec exubérance, de boire de l'alcool et de manger des gâteaux tous les deux.
(...) Ce doit être leur enfant, celui qu'on ne voit jamais sur les images, mais qui annonce sa présence sous forme d'une poupée symbolique et de miroirs. Je crois me souvenir que l'histoire d'amour de Rudolf et Elfriede a commencé durant l'été 1952, tandis que de tous les haut-parleurs s'échappait la chanson d'Annie Cordy Bonbons, caramels, esquimaux, chocolats. Leur fils est venu au monde en 1958. Peu après, on a acheté une première caméra. Au début des années 1970, il s'est mis à filmer toutes les grandes occasions annuelles, allant jusqu'à capter le désir sexuel qui s'éveille entre le champagne et la Sachertorte.
Vingt ans plus tard, celui qui entre-temps est devenu adulte, revoit ces extraits de films retrouvés. Cela ne le gêne pas le moins du monde. Il comprend comment les films de famille de cette époque l'ont conduit au cinéma d'avant-garde: le recours à l'image par image et aux nombreux «raccourcis» techniques, éclairs et effets de volet ont fait sauter l'illusion cinématographique en même temps que sa fonction: la conservation de la vie privée, de la vie qui défile - «Paradise not yet lost». En fouillant un peu plus dans ces archives familiales, il extrait de vieilles images filmées avec une caméra portative, qui doit dater «d'avant son époque à lui». Avec ces images, il jette un voile sur ses «propres» images et réécrit l'histoire de Rudolf et d'Elfriede en sens inverse, de retour dans un monde antérieur au langage, un monde des secrets. Il se libère du fardeau de la théorie cinématographique et familiale, acquise de haute lutte, le tourbillon des images et des sensations devient un «requiem éternel» et un hommage à sa mère qui tourne sur son pivot de plus en plus lent et qui rit comme une vieille chanteuse de jazz. Ainsi, il agit contre la douleur liée à la conscience qu'il n'arrivait pas à exprimer cette proximité du temps de Rudolf et d'Elfriede. Quel triste happy end!» Alexander Horwath.

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format de distribution 16mm
cadre de projection 1,37 - Standard (simple écran)
vitesse de projection 24 ips
son son optique
prix de location 41,00 €