DOG STAR MAN : PRELUDE

de Stan BRAKHAGE
1961 / couleur / silencieux / 1E / 25' 00

Avec PRELUDE, je voulais faire un film rythmé sur la transformation d'images inacceptables en images acceptables. Et je voulais en somme que ce soit le facteur déterminant sur la table de montage et, ça le devint. Il me fallait commencer avec un matériau qui serait incompréhensible et le travailler à reculons. Durant la longue période de montage, je nourrissais parallèlement des intérêts pour le Surréalisme avec, par exemple, la notion de forme chez John Cage à travers différentes opérations aléatoires. Ensuite, je ne cessai de reprendre ce matériau, de le restructurer et je me retrouvai à la fin avec une bande-image du métrage actuel du Prelude.
La peinture faite à la main était toujours en rapport direct avec ce type singulier de «vision avec les yeux fermés» qui n'existe que dans les rêves. Le type le plus commun de «vision les yeux clos», est celui que l'on obtient lorsque nous fermons les yeux en plein jour et regardons le mouvement des silhouettes et des formes sur l'écran rouge de la paupière. Puisque Prelude reposait sur la vision des rêves, tels que je m'en souvenais, il devait comprendre la «vision les yeux clos». La peinture était ce qui s'en rapprochait le plus ; je peignais donc, brossant des motifs que je contrôlais de diverses façons. Les formes surgirent de cette sorte d'action et de réaction oeil-nerf. L'étape suivante, une fois que j'eus la bande-image complète, consista à commencer la seconde couche en surimpression. Il est possible d'avoir trois, quatre, ou plus de couches du métrage total du film et de surimprimer une image sur une autre à l'endroit où on le souhaite. J'ai pris la bande-image qui avait été largement déterminée par des opérations aléatoires et surréalistes et j'ai commencé à en monter une seconde en parallèle. A partir de ce moment, tout ce que j'établissais fut absolument prémédité. Je reprenais des plans afin d'en altérer la forme sur la couche d'images numéro deux. La couche d'images numéro deux se développait toujours à partir de ce qu'il y avait sur la couche numéro un, pour le structurer et le transformer en quelque chose de similaire à ce dont on se souvient lorsqu'on se réveille le matin. D'un côté, il y avait cette masse incompréhensible d'éléments surgissant d'intérêts pour le Surréalisme et l'intervention du hasard que j'appelais la pellicule du «chaos», de l'autre côté il y avait la pellicule «structurée» qui représentait la transformation du rêve rendu accessible à la mémoire éveillée le matin. Le temps que je finisse, aucune intervention du hasard ne subsistait dans le film.

1 COPIE EN DISTRIBUTION


format de distribution 16mm
cadre de projection 1,37 - Standard (simple écran)
vitesse de projection 24 ips
son silencieux
prix de location 89,00 €