SUR PORTABLE II

de Edson BARRUS
2007 / Mini DV / couleur / sonore / 1E / 52' 26




Ce film d'Edson Barrus se focalise sur trois villes : São Paulo, Paris et Yokohama. Filmé intégralement au moyen d'un portable, il nous balade d'une ville à l'autre au moyen des métros. On passe ainsi d'une vue ensoleillée de São Paulo à la grisaille d'un soir pluvieux à Paris.
L'alignement des tombes dans un cimetière shinto évoque la découpe des motifs des mosaïques des trottoirs de l'avenida Paulista, qui eux-mêmes renforcent la production d'une chorégraphie de pixels, brouillant l'image filmée, au profit de leurs mouvements browniens. Le filmé s'abîme dans la matière digitale qui s'en disloque en s'ouvrant à un monde parallèle.
La déambulation s'articule autour de la notion de transport : transport de personnes, en voitures, en métro, sur des escalators ou qui prennent l'ascenseur, transport et exposition de marchandises, les « fourmis urbaines » (pour reprendre un terme utilisé par Edson Barrus dans un autre film) qui tirent poussent des cargaisons énormes d'objets hétéroclites, des colporteurs... Mais le transport des images et des voix est inclus dans ce transit généralisé, ; les portables et les caméras deviennent les appendices incontournables de la gestuelle et de la survie en territoire urbain.
Aux grouillements des personnes allant ici et là, manifestant, répond un tourbillonnement sonore (conçut par Giuliano Obici) qui associe aux échos, le brouhaha étouffé ou vitupérant qui bien qu'issue des images s'autonomise afin de créer des motifs nous propulsant vers d'autres rivages. Ces motifs sonores sont similaires par leur agencement de ceux de la tapisserie des pixels qui viennent dématérialiser l'image au profit d'un foisonnement de bruits colorés qui peuvent être plus ou moins intempestif. Les fragments de dialogues entendus renforcent cette déréalisation qui est le reflet d'un flux constant (par exemple l'irruption du Français sur de images de Yokohama). Le son est à la fois ce qui fonde et déconstruit les séquences. On repère différents leitmotivs, sons d'accord orchestral qui vient bousculer la trépidation de la ville, auquel renvoie les plaques de métal recouvrant les trous des rues de São Paulo.
Il n'y a pas à proprement parler de trame, si ce n'est celle de la capture de moments et de comportements dans ces villes traversées par le cinéaste.(yann beauvais)

1 COPIE EN DISTRIBUTION


format de distribution Fichier sur serveur (PAL)
cadre de projection 4/3 (simple écran)
vitesse de projection 25 ips
son son
prix de location 132,00 €