L'HYDRAVION ET LE PEINTRE

de Jean LE GAC
1980 / n&b / sonore / 1E / 6' 00




Le trafic routier était intense à cet endroit. Parfois le vrombissement des moteurs déclinait dans le lointain, mais jamais pour bien longtemps et le passage de la nouvelle file de voitures et de cars s'accompagnait alors d'importants déplacements d'air, qui venaient durement frapper les tympans.
«...à porter secours aux naufragés italiens du ballon dirigeable Italia tombés sur la banquise...», lisait Percy sur la plaque apposée sur le monument.
Le peintre, qui avait fait une halte au bord de la route, malgré le vacarme continua sa lecture: «...le dernier message reçu de lui fut émis environ trois heures après le départ. Un des ballonnets du bout d'aile fut retrouvé le 13 août 1928. Puis un réservoir à essence le 13 octobre (Percy remarqua l'effet de dramatisation obtenu par la répétition du chiffre 13!) et un autre réservoir un peu plus tard. Ces épaves sont les seuls restes de l'hydravion disparu dans l'océan Arctique, sans que le moindre indice ait pu révéler le secret de sa «disparition».
Le peintre remonta dans sa voiture et au moment de démarrer banda ses muscles et concentra tout son esprit dans un formidable effort pour arracher, de toute la puissance des moteurs, à l'iceberg qui commençait à fondre, l'hydravion qui depuis quarante-huit ans était prisonnier de l'épouvantable cercueil de glace.
Deux coups de klaxon furieux lui intimèrent l'ordre de modérer cette manoeuvre désespérée. Malgré la puissance du choc, il n'en sut pas moins qu'il avait réussi et c'est tout joyeux qu'il s'envola vers l'azur.

1 COPIE EN DISTRIBUTION


format de distribution 16mm
cadre de projection 1,37 - Standard (simple écran)
vitesse de projection 24 ips
son son optique
langue originale français
prix de location 26,00 €