MAGNUM BEGYNASIUM BRUXELLENSE

de Boris LEHMAN
1978 / 16mm / coul-n&b / sonore / 1 écran / 145' 00

« Chronique vivante des habitants du quartier du Béguinage - ainsi dénommé par ce qu’il est situé sur l’emplacement de l’ancien béguinage de Bruxelles.
Conçu comme un inventaire encyclopédique, le film est composé d’une trentaine de chapitres imbriqués les uns dans les autres comme autant de pièces d’un puzzle, ou encore à l’image d’une termitière aux galeries nombreuses et croisées. Il se déroule dans l’espace et dans les interstices d’une journée, commençant à l’aube pour se terminer la nuit. » - Boris Lehman

Magnum Begynasium Bruxellense est un film nostalgique et archéologique. Il ne contient ni interview ni commentaire. Bien plus qu'un film documentaire c'est une allégorie sur le temps qui passe, l'attente de la mort, le dépérissement des êtres et des choses.
L'aspect formel souligne et renforce cette idée: fixité volontaire des prise de vue (plans immobiles et longs, lents travellings), opposition des pleins (les intérieurs) et des vides (les extérieurs), emploi d'une musique tournoyante et répétitive.

Le noir et blanc (ainsi que le son direct) a été utilisé pour les scènes principales, tandis que la couleur a été choisie pour les détails.
Ainsi le film se déroule-t-il constamment sur deux plans: l'un davantage réaliste, et l'autre plutôt symbolique et même onirique, opérant un glissement continuel de l'un vers l'autre. Dans cette optique, Magnum Begynasium Bruxellense est un film expérimental. Il a en outre constitué une expérience thérapeutique de communication et d'expression pour les membres du Club Antonin Artaud, et une expérience sociale d'animation pour les habitants du quartier du Béguinage.

Huitième film du cinéaste, celui-ci tient une place importante dans sa vie. Il est dédié à ses parents, récemment disparus, et clôt de longues années de travail au Centre Antonin Artaud. Ces années-là étaient aussi celles de la « bruxellisation » sauvage : la mise à sac, par les promoteurs, d’un tissu urbain populaire et vivant. C’est sous ce signe que se situe le film : fin d’une expérience, d’un quartier, des vieilles gens qui en sont les acteurs principaux.



« Comme beaucoup d'entre nous, j'avais entendu dire que Boris faisait, ou allait faire un film sur le Béguinage. Je ne savais pas s'il le faisait vraiment, ou si cela se passait dans sa tête, ou dans son cœur. Pendant près de deux ans, nous recevions des bribes d'informations, des détails, mais d'une manière détournée, comme s'il s'agissait d'un secret, ou de quelque chose de fragile. En général, le tournage d'un film fait du bruit dans une ville : on en entend parler, on voit même des gros camions, des lumières, des rassemblements, parfois une actrice... et puis les artistes s'en vont, et c'est fini. Le travail de Boris, lui, est un travail de solitaire, un travail silencieux, qui ne s'expose pas, qui ne se montre pas, un travail d'artisan lent, long, patient... et c'est cette patience, proche des gens, qui lui permet de filmer ainsi, de saisir des bruits... une ville... des tas de choses. Il ne provoque pas, il ne brusque pas les événements ou l’émotion : il attend, et parfois, il est comblé. Il a passé deux ans de sa vie à filmer une partie de notre ville, heureusement: maintenant, déjà, plus rien n'est pareil : des maisons sont détruites, ou condamnées, certaines personnes ont été obligées de déménager, d'autres ont disparu, emportant ayec elles une partie de ce présent qui fait déjà partie de notre passé: des chansons, des blagues, un certain parler, une langue, un rythme de vie. Ce film est un peu notre mémoire. - Chantal Akerman / 10-12-1978

2 COPIES EN DISTRIBUTION


format de distribution DCP sur serveur
cadre de projection 1,37 (simple écran)
son son
prix de location 440,00 €

format de distribution Fichier sur serveur (FHD)
cadre de projection 1,37 (simple écran)
vitesse de projection 24 ips
son son
prix de location 440,00 €