R

de Yann BEAUVAIS
1976 / 16mm / n&b / silencieux / 1E / 3' 00

« L'inspiration musicale derrière ce film est double : le film est non seulement bâti à partir d'une partition préalablement écrite, mais il se trouve que cette dernière est directement inspirée de la partition musicale d'un passage de Bach. Ce passage a été déterminant en ce qui concerne l'ordre et la durée des images du film. Si ces images ne sont pas tout à fait arbitraires (en effet, il s'agit d'un champ devant une maison du dix-huitième siècle où un orchestre jouait un air de Bach), elles sont tout au moins complètement subordonnées à la partition : elles "jouent" la composition du cinéaste. Cette composition est bâtie sur 36 angles différentes d'un panoramique de 180° du champ et de la maison. La caméra balaie ce panoramique, avançant et reculant aux rythmes variés et en durées variées, selon la partition. R est donc une reconstruction, l'orchestration du paysage, du réel, ce qui privilégie la vision et la volonté de l'artiste aussi bien que l'aspect purement plastique du cinéma. »
- Deke Dusinberre

« L'image de R est en noir et blanc, cliché d'un jardin dont on pressent un passé oublié mais glorieux, aujourd'hui livré à la seule présence des herbes folles. L'image vibre, décrivant un espace géographique, dont la séquence finale du film livrera une version tronquée mais continue. Ce faisant, le film répond à une construction rythmique visuelle, élaborée sur la base d'une partition qui détermine la présence ou l'absence de l'image (noir), l'ordre de leur succession et leur rythme. yann beauvais a élaboré sa propre écriture visuelle en interprétant une invention à deux voix de Bach. Il se sert de l'échantillonnage d'images comme gamme ; autrement dit, le panoramique visuel devient un clavier composé de touches (clichés) que la partition musicale va commander. L'écart entre les notes dans la partition de Bach (en solfège il s'agit du nombre de degrés entre les notes qui déterminent des intervalles) définit l'écart entre les images : par exemple, une tierce (intervalle musical de 3 degrés) correspondra à une succession d'images décalées d'un angle visuel de 15 degrés, ainsi que le rythme. A partir de ce tronc central inspiré de l'invention, yann beauvais a conçu en amont et en aval des variations libres, telles que l'autorisait la musique baroque dont il s'inspire. R compose grâce à une image syncopée et rythmée un espace décomposé et surréel, faisant surgir une «mémoire», un affect des lieux qu'aucun panoramique fluide et bien "léché" n'eût permis. La vibration, le scintillement exagéré donne à cette image un aspect hypnagogique que renforce un cône blanc de lumière sur le bord latéral de l'image dû à un défaut d'étanchéité fréquent sur les caméras Bolex, et qui avec bonheur fait fonction de rappel de la nature lumineuse de l'image cinématographique et des propriétés spécifiques de diffraction de la lumière. »
- Jean-Michel Bouhours

3 COPIES EN DISTRIBUTION


format de distribution 16mm
cadre de projection 1,37 - Standard (simple écran)
vitesse de projection 24 ips
son silencieux
prix de location 30,00 €

format de distribution Fichier sur serveur
cadre de projection 1,37 - Standard (simple écran)
vitesse de projection 24 ips
son silencieux
prix de location 30,00 €

format de distribution 16mm
version version longue
durée 6' 00
cadre de projection 1,37 - Standard (simple écran)
vitesse de projection 24 ips
son silencieux
prix de location 30,00 €