© Johann Lurf


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© Johann Lurf

TWELVE TALES TOLD

de Johann LURF
2014 / 35mm / couleur / sonore / 1E / 4' 00

Après un passage par une série de films plus contemplatifs autour de la menace imminente d’une architecture à grande échelle, Johann Lurf revient avec ’Twelve Tales Told’ à l’analyse structurale frénétique des images d’archive. Les logos animés de douze maisons de production hollywoodiennes sont joués devant vous, comme ils précèderaient normalement une quelconque production hollywoodienne ; en 3D de rigueur si la projection est numérique, en 2D sur 35mm - et agrandissables dans n’importe quel format. Seulement, les séquences de chaque logo, les unes animées avec une grandeur tapageuse (Disney, Paramount), les autres plus modestes (Regency, Warner Bros.), sont hachées et entrelacées l’une à l’autre image par image, en commençant par la plus longue pour finir par la plus courte. Il en résulte un effet visuel d’anti-climax pompeusement prolongé : la fanfare qui annonce l’attraction centrale s’emballe et se fait plus grave, jusqu’à devenir l’attraction centrale. De nouveaux logos venant continuellement se glisser dans l'engrenage, le point culminant construit et attendu de la révélation complète du logo - c’est-à-dire, notre bien-aimé château Disney et ses feux d’artifices - est continuellement reporté par l’interférence des autres enseignes. Cette allusion au caractère néfaste de l'éternelle compétition des grandes compagnies, est reprise dans la malice du titre : si vous comptez les logos, vous arrivez au nombre malheureux de treize histoires. Mais regardez mieux : Disney possède Touchstone (et possédait Miramax), lui-même partenaire de Dreamworks, 20th Century Fox possède une partie de Regency, et Columbia et TriStar sont tous deux la propriété de Sony Pictures Entertainment, qui n’apparaît pas. Voici donc une quatorzième histoire, peut-être la seule véritable : l’histoire d’une domination de la culture par le consortium des grands groupes. Lurf revisite l’iconographie et les valeurs d’Hollywood vu sous le prisme littéral d’une enseigne numérique plutôt que, à l’instar des films d’archive traditionnels, comme un producteur d’images photographiques. La toute-puissance visuelle de ces sociétés - l’agression continue de leur imagerie corporatiste - est combinée à l’agressivité musicale produite par la hachure des bandes-son, pour s'amonceler en une seule hyper-enseigne qui gronde HOLLYWOOD. Qui a besoin d’histoires quand les marques fabriquent les leurs ? (Daniel Kasman)

3 COPIES EN DISTRIBUTION


format de distribution Fichier sur serveur
cadre de projection 16/9 (simple écran)
son son
prix de location 30,00 €

format de distribution DCP sur serveur (INTEROP 2K)
cadre de projection 16/9 (simple écran)
vitesse de projection 24 ips
son son
prix de location 30,00 €

format de distribution DCP sur serveur (INTEROP 2K)
dimensions 3D
cadre de projection 2,35 - Scope (simple écran)
vitesse de projection 24 ips
son son
prix de location 30,00 €