DARKROOM

de Billy ROISZ
2014 / couleur / sonore / 1E / 13' 21

Dans ‘Darkroom’, Billy Roisz considère plusieurs espaces intérieurs entièrement obscurs depuis différentes perspectives, et transforme une chambre noire de cinéma en une grotte aux trésors abstraite. Une explosion perce à travers le noir de l’image. En faisant varier les positions de caméra, de lumières et de micros, l’artiste scrute l’intérieur d’un cinéma, d’un entrepôt rural, d’une résidence. La matériel audiovisuel crée du trouble hors-champ. Des projections abstraites illuminent mystérieusement la scène nocturne, suscitant chez le spectateur une certaine désorientation. Cela stimule l’appel des sens, leurs interprétations innombrables et leurs variations esthétiques. Sommes-nous au musée du cinéma autrichien, ou dans les sombres escaliers menant à la scène d’une discothèque de banlieue ? L’espace de quelques secondes apparaissent des rangées de sièges ou des marches d’escalier. Puis l’observateur est reconduit directement au coeur de l’ambiguité, ramené au point de départ, et ainsi de suite. Est-ce un noyer là dehors ? ou peut-être un Ficus benjamina dans le salon ? Des motifs de grilles se posent sur l’inventaire parcimonieux des espaces cinématiques mené par Roisz, et dans l’obscurité divulguent une poignée de détails, des équipement de salle de bain ou des tuyaux au plafond.

‘Darkroom’ est un jeu fulminant dans lequel il est impossible de distinguer les illusions d’optique des installations réelles, construites. La bande-son des musiciens Dieter Kovacic et Peter Kutin façonne, dans le désert de ce cube d’obscurité, une vie mystérieuse à partir du mélange des bruits d’une pièce. Comme dans les autres oeuvres de Billy Roisz, les plans de la musique et de l’image sont entrelacés inséparablement. Billy Roisz n’a eu besoin d’aucun effet spécial dans le montage, d’aucune image extérieure, ni d’aucune musique additionnelle en post-production pour chorégraphier un espace minimal avec la maximum d’ambiguité.

‘Darkroom’ est un labyrinthe enchanté d’image et de son, qui fait éclater la frontière de l’abstrait et du concret. L’expérience est plus captivante dans sa mesure que dans sa monstruosité. ‘Darkroom’ transmet un désir infini d’explorer dans le noir, ouvre des sables mouvants dans l’obscurité, dont on s’émerveille comme du ‘Mullholland Drive’ de l’avant-garde numérique.
(Petra Erdmann)

À partir d’une traduction anglaise de Lisa Rosenblatt.

1 COPIE EN DISTRIBUTION


format de distribution Fichier sur serveur
cadre de projection 16/9 (simple écran)
vitesse de projection 23,976 ips
son son
prix de location 40,00 €