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Light Cone est ravie de présenter une carte blanche au Festival international de cinéma de l'UNAM (FICUNAM, Mexico), dans le cadre d'Umbrales, la section consacrée au cinéma expérimental. La projection sera introduite par Mariya Nikiforova.
Ce programme, composé de films en format 16 mm issues du catalogue de Light Cone, rassemble trois artistes nés dans les Amériques et appartenant à la même génération : Teo Hernández (Ciudad Hidalgo, 1938 – Paris, 1992), Rose Lowder (Lima, 1941) et Robert Smithson (Passaic, 1938 – Amarillo, 1973). Bien que surprenantes, ces similitudes biographiques ne sont que superficielles, et les parcours de ces artistes sont tout à fait distincts. Smithson est devenu l’un des plus importants artistes du minimalisme et du land art aux États-Unis ; son œuvre constitue un système complexe mêlant écrits théoriques, sculpture, cinéma et photographie. Hernández et Lowder ont tous deux émigré en France (à Paris et Avignon, respectivement) et ont exercé une grande influence dans les cercles du cinéma expérimental de ce pays. Bien qu’appartenant à des courants cinématographiques différents – Hernández incarnant un cinéma personnel, extatique, « corporel »¹ ; Lowder se rapprochant davantage de la tradition structurelle –, ils admiraient mutuellement leur travail. Dans son journal, Hernández notait que dans les films de Lowder, « (…) la mémoire (…) est une matière qui fait corps avec le film »². Il faisait sans doute référence au célèbre montage en tourné-monté de Lowder, dans lequel des plans s’alternant avec énergie laissent des impressions persistantes sur la rétine (un phénomène qu’elle a exploré tant sur le plan théorique que pratique). Notée quelques années avant le tournage de Pas de ciel, l’observation d’Hernández semble s’appliquer à son propre film à plus d’un titre. Déroulée sur une table lumineuse, la copie en 16 mm – un gonflage du Super 8 original – présente des séquences frénétiques du corps du danseur Bernardo Montet dans des poses chorégraphiées, alors qu’il se balance au bord d’une falaise en bord de mer en Normandie : pieds, jambes, bras, tête et torse fugaces se fondent en une illusion de mouvement. « [La] chorégraphie prenant petit à petit, corps, ou plutôt dégageait un corps ou perdait corps pour devenir autre chose. »³ Ironiquement, Jardin du sel de Lowder – un film atypique dans sa filmographie – est essentiellement méditatif et immobile. Fascinée par la culture du sel, elle a séjourné à Guérande, site historique de la production saline en France, afin de capturer les reflets dorés « scintillants »⁴ à la surface du marais salant, qu’elle a soigneusement notés dans son carnet. La formation du sel était également l’une des principales préoccupations de Smithson lors de la création de la Spiral Jetty, sur la rive nord du Grand Lac Salé. Dans le film, il énumère les matériaux de son installation : « boue, cristaux de sel, roches, eau ». À l’instar du bunker datant de la guerre qui sert de scène de danse dans le film d’Hernández et qui émerge du rivage après des décennies d’érosion⁵, la jetée de Smithson succombe à l’entropie des processus organiques ou, selon ses propres termes, aux « relations en cours »⁶ sur le site. L’humain, l’organique et les temporalités géologiques insondables se croisent dans cet environnement transformé ; le moment épiphanique est incarné par la silhouette extatique de l’artiste courant le long de la spirale, vue depuis le hublot d’un hélicoptère.
– Mariya Nikiforova
1. Comme dans le terme donné à ce courant informel par le critique de cinéma Dominique Noguez : « l’école du corps ».
2. Andrea Ancira García et Neil Mauricio Andrade, dirs., Anatomie de l'image. Notes de Teo Hernández, Buró-Buró, CDMX, 2019, p. 106.
3. Ibid., p. 239.
4. Rose Lowder, Notebook 4 (2006-2020) (inédit), p. 192.
5. Merci à Miguel Armas pour cette précision.
6. Robert Smithson, « Frederick Law Olmsted and the Dialectical Landscape », dans Nancy Holt (dir.), The Writings of Robert Smithson: Essays with Illustrations, New York University Press, New York, 1979, p. 119.
Lieu : Cineteca Xoco, Salle 9
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PAS DE CIEL
de Teo HERNÁNDEZ 1987 / 16mm / couleur / silencieux / 29' 00 |
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JARDIN DU SEL
SALT GARDEN de Rose LOWDER 2011 / 16mm / couleur / sonore / 16' 11 |
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SPIRAL JETTY
de Robert SMITHSON 1970 / 16mm / couleur / sonore / 35' 00 |
Lieu : Escuela Nacional de Artes Cinematográficas
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PAS DE CIEL
de Teo HERNÁNDEZ 1987 / 16mm / couleur / silencieux / 29' 00 |
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JARDIN DU SEL
SALT GARDEN de Rose LOWDER 2011 / 16mm / couleur / sonore / 16' 11 |
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SPIRAL JETTY
de Robert SMITHSON 1970 / 16mm / couleur / sonore / 35' 00 |
| lieu |
Cineteca Xoco / Escuela Nacional de Artes Cinematográficas Mexico Mexique |
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