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Light Cone présente la 12ème édition de Scratch Expanded aux Voûtes (Paris 13ème), un événement bisannuel qui rend hommage au cinéma élargi, une forme cinématographique qui s'affranchit de la projection traditionnelle en salle et qui réunit diverses pratiques de l'image en mouvement telles que projections multi-écrans, performances et installations.
De la reconstitution par l'artiste Peter Miller d'une conférence historique donnée par Hollis Frampton (au Hunter College de New York en octobre 1968) qui mêle projections de films et réflexions sur la nature du cinéma et son histoire, au prolongement par la cinéaste Gill Eatherley de ses Light Occupations (1972-1974), revisitant sa performance Cool as a Shadow dans une nouvelle configuration qu’elle conçoit pour l’occasion en complicité avec l’artiste visuel et sonore ErikM, cette nouvelle édition de Scratch Expanded se place clairement sous le signe du proto-cinéma, avec des œuvres « qui se situent au commencement de » et qui s'intéressent donc à la question de l'archéologie, à travers notamment l'emploi récurrent d'ombres portées nous renvoyant aux ancêtres du cinématographe et en particulier au théâtre d'ombres chinoises.
La cinéaste Gaëlle Rouard revient cette année à Scratch Expanded pour présenter un nouveau projet, Silver Sillon, un « morceau improvisé à quatre mains » en collaboration avec le percussionniste Lê Quan Ninh, alors que le trio barcelonais composé de Barbara Ghidini, Antonio Bértolo & Alfredo Costa Monteiro, émanation du laboratoire d'artistes Crater Lab, nous proposera une performance de cinéma élargi, un triple écran en 16 mm animé par des mouvements de pendule. Pour compléter le programme, des projections de films multi-écran dans les Voûtes et, en plein air, des projections en 16 mm et en 35 mm, avec notamment une carte blanche à Braquage à l'occasion de ses 25 ans d'existence. En parallèle, le jardin des Voûtes sera habité par l’installation Cristaux solides de l'artiste Noé Grenier. La soirée se clôturera avec une performance musicale à partir de sirènes à manivelle, actionnées par le duo d'En lieu sûr.
Samedi 20 juin 2026
Ouverture des portes à 19h, début du programme à 19h30.
Possibilité de restauration sur place.
Tarifs (en vente sur place)
Plein tarif : 18 €
Tarif réduit (étudiant·es, -26 ans) : 15 €
La binocularité se réfère à l'« ensemble des phénomènes mettant en jeu une interaction entre les deux yeux ». Ici, il s'agit de mettre en jeu deux projecteurs 16mm pour emprunter quelques chemins ouverts par la double projection, un des possibles du cinéma élargi. Au travers de jeux de dédoublement, d'harmonies ou de dissonances de couleurs, ou bien de chevauchement d'images créant un effet tridimensionnel, ces œuvres explorent une simultanéité de flux visuels et sonores hétérogènes, sollicitant une perception active du public. En débordant le cadre traditionnel de la projection cinématographique, elles ouvrent la voie à des formes radicales : de l'affirmation de la matérialité du support filmique à la déconstruction du langage et du discours.
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THE ZONE OF TOTAL ECLIPSE
de Mika TAANILA 2006 / 16mm / n&b / sonore / 6' 00 / double écran |
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THRESHOLD
de Malcolm LE GRICE 1972 / 16mm / couleur / sonore / 10' 00 / double écran |
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VO/ID
de yann BEAUVAIS 1985-1986 / 16mm / coul-n&b / sonore / 7' 00 / double écran |
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BLACK TV
de Aldo TAMBELLINI 1964-1968 / 16mm / n&b / sonore / 10' 00 / double écran |

« Toute cette affaire de mots – le sens du temps et tous les problèmes complexes liés à la connaissance, à la création d'œuvres en relation avec tout ce qui a déjà été créé par les mots – semble s’être transposée vers le cinéma. »
Né à Burlington, dans le Vermont, Peter Miller est un artiste spécialisé dans le cinéma et la photographie, basé à Essen, en Allemagne, et à Paris, en France. Il a obtenu son MFA à la School of the Art Institute of Chicago et a été apprenti en orfèvrerie. Ses œuvres cinématographiques et photographiques sont traversées par la question de la magie et explorent généralement les phénomènes du cinéma ainsi que ses éléments constitutifs irréductibles : objectif, lumière, scintillement, public, projection, etc.

Si toute vie sur terre a commencé par des Light Occupations*, alors celle-ci est l’une des miennes.
Mes activités s'inscrivent désormais dans une Nature expérimentale sans artifice.
Nous la partagerons avec vous sous ces voûtes de courbes et d'atmosphères passées,
loin du cube blanc.
La lumière voyage en ligne droite jusqu’à ce que quelque chose entrave son chemin, ce pourrait être la lune, ou bien une feuille.
Je ne montre aucun artifice.
Seul.es vous pourrez voir, ressentir et entendre sous vos pas. Glissez-vous à l’intérieur.
Le musicien ErikM m’accompagnera et je l’accompagnerai…
Il fera résonner les gestes au gré de ce qui suit, là où l'ordre le plus vrai est rarement manifeste.
Je serai enveloppée de voiles.
Les racines de musique digitale concrète d’ErikM glisseront et chanteront à travers l’espace, rencontrant en chemin les ombres et les pénombres de la nature.
Nos trajectoires se croiseront avec justesse au fil de ces explorations.
– Gill Eatherley, avril 2026
(Cool as a Shadow – créée pour la FlatTime House de John Latham à Londres en 2015, et recréée ici avec ErikM)
*Light Occupations est le titre d’une série de films et performances de Gill Eatherley réalisés entre 1972 et 1974. Ce titre fait référence au double sens du mot « light » en anglais, à la fois dans le sens de tâches simples et peu exigeantes, ainsi que dans celui du faisceau du projecteur.
Gill Eatherley est une artiste interdisciplinaire dont le travail s'étend des natures mortes en noir et blanc inspirées de la nature à des projets caritatifs marquants menés avec des tribus de la forêt tropicale mexicaine, ainsi qu'à une carrière riche mêlant enseignement artistique, cinéma et commissariat d'exposition. Son art se caractérise par une esthétique épurée et minimaliste, tandis que l'œuvre de sa vie reflète un profond engagement envers la connexion culturelle et l'implication sociale.
ErikM [Erik-M] est un artiste sonore et visuel, musicien de digital concrète et compositeur en musique mixte. Depuis ses premières expériences dans les arts plastiques et visuels, il prend le risque d’échapper à toute tentative de catégorisation hâtive. Très vite considéré comme un virtuose des dispositifs électroniques et des arts sonores (dès 1994), il traverse les mondes-systèmes dits « indépendants », « institutionnels », ainsi que divers territoires (France – international). Il développe une approche résolument prospective du médium technologique. Il conçoit des œuvres acousmatiques ou compose des musiques mixtes pour ensembles instrumentaux (Ensemble Intercontemporain, Phoenix Basel, Les Percussions de Strasbourg, Dedalus…). Il a collaboré avec Luc Ferrari, Jean-Luc Nancy, Christian Marclay, Thurston Moore, Bernard Stiegler, Mathilde Monnier, FM Einheit, Will Oldham… et crée des œuvres transversales qui constituent une vision kaléidoscopique singulière, mettant en tension l’intime et le politique, le populaire et le savant.

Gaëlle Rouard : Films, projecteurs 16mm, objets
Lê Quan Ninh : Platines vinyles, disques
Tourne, tourne, tourne avec moi, (oreille et) mon œil :
Qui se retourne sur des lits de diamants
À plaisir sous nos yeux lorsque la main déroule encore
Tourbillonner, danse une danse sonore,
Comme de grands lézards, buvant l'or des lumières, puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !
Nous jouons ensemble parce que nous sommes touchés par ce qui tourne : les disques, les bobines de films, les boules à facettes… Nous jouons ensemble parce que nous apprécions — comme on dit apprécier une distance — les équivalences dans ce qui apparaît dans ces tournoiements. Nous jouons ensemble parce qu’ « il y a moyen de moyenner » avec tout ce barda. Et l’on constate ce qu’une longue proximité avec l’intuition nous avait fait pressentir : la co-existence de la lumière, de l’ombre, du son et du silence, la collision des photons avec les particules sonores, l’évocation, la contradiction, l’anecdote et le contrepoint. Nous jouons ensemble car nous aimons l’atelier, la tâche, l’attention portée aux détails, à la subtilité d’un mixage, les ruptures, les soudainetés et les paresses intempestives…
Gaëlle Rouard est cinéaste à la main depuis 1992. Elle a développé et continue à explorer diverses méthodes de traitement du film argentique, et corrélativement un jeu d’instrumentiste sur projecteur 16 mm. Ancien membre du 102 Rue d’Alembert (consacré à la diffusion de musique et de film expérimentaux) et de l’Atelier MTK (laboratoire de cinéma artisanal), à Grenoble. Son travail a été montré sur de nombreux écrans internationaux.
Musicien, percussionniste, improvisateur, compositeur, field recordist. De formation classique, le percussionniste Lê Quan Ninh (né en 1961) mène depuis le début des années 80 une activité musicale partagée entre interprétation de la musique contemporaine et improvisation libre. Il est à l’origine des formations tels que la Flibuste, le Quatuor Hélios et l’ensemble ]h[iatus. Il est par ailleurs conseiller artistique d’Epicentre, Territoire de l’écoute (Jarnages, Creuse). Il est actuellement président de Sonatura, association qui regroupe les audionaturalistes francophones.

Et les tours s’effondreront, annonçant de nouvelles chimères.
Cette pièce s’étend lentement en un triptyque qui, par des mouvements de pendule, évoque non seulement une temporalité sans début ni fin, mais aussi un état de transition.
Ce mouvement perpétuel révèle des traces d’activité humaine sous forme de paysages post-industriels qui n’ont pas survécu au passage du temps, portant en eux le présage d’un changement à venir.
Un changement vers des horizons naturels qui, dans leurs mouvements rectilignes opposés, rappellent la circularité du temps, accentuée par la matérialité et la texture des roches, symboles de durabilité et de permanence.
Le son, obtenu à l’aide de plusieurs oscillateurs connectés à trois cellules photoélectriques, apporte des transformations sonores très subtiles, en fonction de chacun de ces mouvements.
Ce dispositif est utilisé ici de manière à ne pas perturber la fluidité des images, créant ainsi une relation très complexe entre ce qui est vu et ce qui est entendu.
Et peu à peu, cette matérialité se dissout, devenant finalement de l’air.
Image
Barbara Ghidini : 2 projecteurs 16 mm NT, objectifs zoom, eau, transparents
Antonio Bértolo : 2 projecteurs 16 mm NT, objectifs zoom, multiplicateurs d’image, filtres, prismes, transparents
Son
Alfredo Costa Monteiro : oscillateurs, cellules photoélectriques, radios
Cette pièce a été développée au Crater Lab dans le cadre du projet européen Spectral.
Barbara Ghidini est une photographe autodidacte qui travaille et expérimente avec différents formats analogiques et techniques photochimiques. Dans ses projets, elle utilise la matérialité et l’immatérialité de la photographie, ainsi que la performance, pour générer des images séquentielles qui la poussent au-delà du connu, au-delà des limites apparentes.
Antonio Bértolo a étudié la photographie au CEV (Madrid) et la réalisation cinématographique au Centre d’Estudis Cinematogràfics de Catalunya. Il développe actuellement son travail au sein du collectif Crater Lab en tant qu’artiste indépendant et enseignant, promouvant le médium analogique.
Alfredo Costa Monteiro est un artiste sonore, compositeur, improvisateur et poète sonore né à Porto, au Portugal. Il vit et travaille à Barcelone depuis 1992, année où il a obtenu son diplôme en sculpture / multimédia à l’École des Beaux-Arts de Paris. Ses installations et pièces sonores, toutes d’un caractère lo-fi, ont en commun un intérêt pour les processus instables, les matières brutes et les contraintes conceptuelles, souvent d’une simplicité déconcertante mais toujours dotées d’une forte dimension phénoménologique.
Pour cette 12ème édition de Scratch Expanded, Light Cone invite Braquage, association de programmation de films expérimentaux (mais pas que) qui a vu le jour il y a 25 ans.
Depuis 2000, moult ateliers, d'infinies projections, des multitudes de rencontres ont parsemé la vie et les activités de l'association. L'un des ressorts principaux de nos propositions est de montrer des films en support pellicule, de les accompagner, de les questionner. Par le biais de nos programmations, nous cherchons à faire se croiser des films de natures différentes, de périodes et d'origines variées, et aussi de montrer des gestes singuliers de cinéastes. L'invitation à Scratch Expanded s'inscrit parfaitement dans le mode de fonctionnement alternatif, ouvert et itinérant de Braquage : étant sans lieu fixe, nous sommes accueilli·es par de nombreuses structures amies. Nos séances aiment s'adapter aux contextes dans lesquelles elles s'inscrivent. Aussi, en ce samedi de début d'été, en extérieur, nous avons sélectionné des films qui accompagneront les spectateur·ices pendant la tombée de la nuit, en nous égarant, pour paraphraser Robert Desnos, dans les feux mouvants d'une forge aux blêmes lumières d'un homicide océan (Deuil pour deuil, 1924).
Les films de ce programme seront annoncés ultérieurement

Résultat d’une série d’allers-retours entre la trame d’un écran et la pellicule 16 mm, l’installation Cristaux solides déploie un système de transfert de formes où la figure humaine et l’abstraction numérique entrent en tension. Ce travail est le prolongement des recherches de Noé Grenier sur le remploi au sens large (films et objets) et se concrétise dans un dispositif détournant le rétroéclairage des écrans LCD.
Noé Grenier est un artiste visuel et vidéaste. Il est diplômé de l'ESBA-MOCO (Montpellier) et du Fresnoy Studio national des arts contemporains. Membre du collectif de cinéma expérimental l’Etna, il réalise des films et installations combinant différents médias avec un usage fréquent de la pellicule et du found footage.
Présentée au seuil de la nuit la plus courte de l’année, cette séance en plein air explore différentes manières de faire apparaître la lumière sur l'écran. Certains films la font surgir de l’obscurité, par fragments et vibrations, comme une expérience d’apparition progressive, où voir devient un processus sensible plutôt qu’une évidence. D’autres s’ouvrent au contraire à l’éclat du plein jour, à la luminosité estivale et à la couleur comme matière vivante. Le programme s’achève sur une célébration de la couleur comme expérience pure de vision : une manière de prolonger encore, par le regard, la clarté de cette nuit naissante.
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LIEBESSPIEL
de Oskar FISCHINGER 1931 / 16mm / n&b / silencieux / 3' 00 |
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CINQ MINUTES DE CINÉMA PUR
de Henri CHOMETTE 1925-1926 / 16mm / n&b / silencieux / 5' 00 |
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QUATTRO STAGIONI
de Giovanna PUGGIONI 1999 / 16mm / couleur / silencieux / 3' 30 |
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FUGUES D'ÉTÉ : LA FAGE
de Alain-Alcide SUDRE 1989 / 16mm / couleur / silencieux / 7' 00 |
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CÔTÉ JARDIN
de Rose LOWDER 2007 / 16mm / couleur / silencieux / 4' 17 |
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HERE, THERE, NOW, LATER
de Fred WORDEN 1983 / 16mm / couleur / silencieux / 3' 00 |
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TAPESTRY
de Francien VAN EVERDINGEN 2003 / 16mm / couleur / silencieux / 3' 20 |
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SHEDDING
de Vicky SMITH 2024 / 16mm / n&b / silencieux / 4' 00 |
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STUDY FOR THREE STREAMS
de Kyujae PARK 2023-2024 / 16mm / n&b / silencieux / 4' 50 |
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BENEATH YOUR SKIN OF DEEP HOLLOW
Bajo tu lámina de agujero profundo de Malena SZLAM 2010 / 16mm / couleur / silencieux / 3' 40 |
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AUTUMNAL
de Stan BRAKHAGE 1993 / 16mm / couleur / silencieux / 4' 00 |

Tunnels, entrepôts, souterrains, ports, ponts, cuves, ravins, barrages, barricades.
Émilien Leroy et Jérôme Bouve cherchent depuis longtemps dans l’ombre, à convoquer les anges d’acier en sonorisant deux sirènes à manivelle.
Des haut-parleurs légers de type « Bouyer » ainsi que des amplificateurs sur batteries leur permettent d’accéder à des zones souvent vierges ou accidentées et de s’installer rapidement pour faire sonner les espaces et les situations. La réverbération des lieux et le mouvement de rotation ainsi que la fréquence du nombre de tours de manivelles créent des effets de phases et déphasages desquelles résulte une expérience sensorielle déroutante pour les oreilles et l’esprit de l'auditeur.
Bourdon d’usines, folklore industriel, mouvements rotatifs, proto-cinéma seront leurs champs d'expérience ce soir-là.
| lieu |
Les Voûtes 19 rue des Frigos 75013 Paris France |
|---|---|
| métro | Bibliothèque François Mitterand (ligne 14) |
| tel | +33 (0)1 46 59 01 53 |
| lightcone@lightcone.org | |
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